Offre publique d’acquisition : définition et fonctionnement

Offre publique d'acquisition : définition et fonctionnement

février 4, 2026

Récapitulatif de l’article

Points clés Détails pratiques
Définition de l’OPA Proposition de rachat des titres d’une société cotée avec prime
Types d’opérations OPA amicale, hostile ou obligatoire selon accord des dirigeants
Modalités de paiement En numéraire, en échange de titres ou mixte
Décision de l’actionnaire Vendre à prix majoré ou conserver ses actions librement
Risques principaux Volatilité du cours, impact fiscal et retrait forcé possible
Démarche recommandée Lire le document AMF et consulter un conseiller professionnel

Je m’appelle Marc Lemoine, et après quinze ans dans l’assurance, j’ai vu défiler des milliers de dossiers. Mais ce qui m’a toujours marqué, ce sont les moments où mes clients ont dû réagir face à une opération financière majeure touchant leur portefeuille d’actions. Une offre publique d’acquisition, c’est justement ça : une proposition faite par une entreprise pour racheter les titres d’une société cotée en bourse, souvent à un prix supérieur au cours du marché. Quand tu détiens des actions et qu’une OPA se déclenche, tu dois décider rapidement si tu cèdes tes parts ou si tu les conserves.

Quand une entreprise devient la cible d’un rachat

J’ai commencé ma carrière chez une compagnie d’assurance-vie où on gérait pas mal de portefeuilles boursiers pour nos clients. Je me souviens d’une cliente, Martine, qui détenait des actions d’une société pharmaceutique. Un beau matin, elle m’appelle paniquée : une grosse boîte américaine venait de lancer une offre sur ses titres. Le cours avait grimpé de 25% en quelques heures. Elle ne comprenait rien à ce qui se passait.

Ce type de situation, je l’ai revu des dizaines de fois depuis. Une offre publique d’acquisition survient quand une entreprise, qu’on appelle l’initiateur, veut prendre le contrôle d’une société cotée, la cible. Elle propose aux actionnaires de racheter leurs actions, généralement avec une prime de 15 à 30% au-dessus du dernier cours. L’objectif ? Détenir suffisamment de titres pour devenir majoritaire et diriger la boîte.

Ce qui complique les choses, c’est que ces opérations peuvent être amicales ou hostiles. Dans le premier cas, les dirigeants de la société cible sont d’accord, voire demandeurs. Dans le second, l’acquéreur passe en force, sans leur aval. J’ai vu des batailles féroces entre conseils d’administration, avec des stratégies de défense dignes d’un film d’espionnage : pilule empoisonnée, chevalier blanc, rachats massifs d’actions… Tout ça pour conserver l’indépendance.

Type d’OPA Caractéristique principale Réaction de la cible
OPA amicale Accord préalable des dirigeants Favorable et coopérative
OPA hostile Aucun accord, initiative unilatérale Défense active, contre-offres
OPA obligatoire Déclenchée après franchissement de seuil (30%) Subie, souvent neutre

Comment ça fonctionne vraiment

Quand j’explique une OPA à mes clients, je simplifie toujours. L’initiateur dépose un dossier auprès de l’Autorité des marchés financiers, l’AMF, en précisant combien d’actions il veut acheter et à quel prix. L’AMF examine tout, vérifie que les règles sont respectées, puis publie un calendrier officiel. Pendant cette période, généralement quelques semaines, chaque actionnaire peut décider librement s’il vend ou garde ses titres.

Si l’initiateur atteint son objectif (souvent au moins 50% des titres), l’opération réussit. Sinon, elle est annulée. Ce n’est pas anodin : j’ai accompagné un client qui avait vu son action redescendre brutalement après l’échec d’une OPA. Il avait attendu trop longtemps pour vendre, espérant une surenchère qui n’est jamais venue.

Il faut aussi distinguer l’OPA de l’offre publique d’échange, l’OPE. Dans une OPA classique, tu reçois du cash en échange de tes actions. Dans une OPE, tu échanges tes titres contre des actions de la société acheteuse. Pour un actionnaire, ça change tout : avec du cash, tu sais exactement ce que tu obtiens. Avec des actions, tu paris sur la valorisation future de la nouvelle société. J’ai vu des gens se mordre les doigts d’avoir accepté des titres qui ont chuté ensuite.

  • OPA en numéraire : paiement en espèces, simple et immédiat
  • OPE : échange de titres, plus complexe, dépend de la valorisation future
  • Opération mixte : combinaison de cash et d’actions
  • OPA obligatoire : déclenchée automatiquement après franchissement du seuil de 30%
  • OPA volontaire : initiative stratégique, souvent pour croissance externe

Les pièges que j’ai vus sur le terrain

La première erreur que font les actionnaires, c’est de ne pas se renseigner. Martine, ma cliente de l’époque, n’avait même pas lu le document envoyé par l’AMF. Elle m’a appelé à deux jours de la clôture, paniquée. On a eu juste le temps de déposer ses titres. Résultat : elle a vendu à un bon prix, mais elle aurait pu mieux négocier si elle avait pris le temps d’analyser.

Deuxième piège : croire qu’on est obligé de vendre. Non. Tu peux garder tes actions, même si l’offre est généreuse. Mais attention, si l’acquéreur dépasse 90% du capital, il peut lancer une offre publique de retrait, une OPR, et te forcer à vendre. À ce moment-là, tu n’as plus le choix. J’ai vu des petits porteurs se retrouver coincés, avec des titres retirés de la cote, perdant toute liquidité.

Troisième piège : sous-estimer l’impact fiscal. Quand tu vends tes actions dans le cadre d’une OPA, tu réalises potentiellement une plus-value imposable. Certains clients se retrouvent avec une belle somme sur leur compte, mais une facture fiscale salée l’année suivante. J’insiste toujours pour qu’ils consultent un conseiller en gestion de patrimoine avant de valider quoi que ce soit.

Ce qu’il faut retenir avant de décider

Si tu reçois une offre sur tes actions, prends le temps de lire le document de l’AMF. Il explique tout : le prix, les modalités, les intentions de l’acquéreur. Compare avec le cours actuel, regarde si une contre-offre est possible. Parfois, un chevalier blanc intervient avec une proposition plus avantageuse.

Ensuite, évalue ton horizon de placement. Si tu vises le long terme et que tu crois dans la société, tu peux refuser l’offre. Mais si tu veux sécuriser ton gain, vendre à un prix supérieur au marché est souvent une bonne option. J’ai un ami qui a gardé ses titres après une OPA, convaincu que la boîte valait plus. Cinq ans plus tard, elle a fait faillite. Il a tout perdu.

Enfin, méfie-toi des opérations hostiles. Elles génèrent souvent de la volatilité. Le cours peut grimper rapidement, puis chuter si l’offre échoue. Ne te laisse pas griser par une hausse soudaine. Garde la tête froide, et si besoin, demande conseil à un professionnel. Chez certains assureurs-vie, on peut t’accompagner dans ce type de décision.

Une OPA, c’est une opportunité, mais aussi un moment de stress. J’ai vu des clients gagner gros, d’autres rater le coche. L’essentiel, c’est de comprendre ce qui se joue, de prendre le temps de réfléchir, et de ne jamais décider sous pression. Le marché boursier ne pardonne pas l’impulsivité.

Justine

Rédacteur de blog et journaliste, je navigue entre l’instantané du reportage et la réflexion du contenu long format. J’écris avec rigueur, curiosité et passion, en croisant les codes du journalisme et ceux de la rédaction web.

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