Comment calculer le montant de sa retraite net : guide pratique

Comment calculer le montant de sa retraite net : guide pratique

février 22, 2026

Récapitulatif de l’article

Éléments clés Précisions
Calcul du net Soustraire prélèvements sociaux et impôt à la source du brut
Prélèvements sociaux De 0 % à 10,1 % selon le revenu fiscal de référence
CSG, CRDS, CASA Taux variant de 4,3 % à 9,1 % selon vos ressources
Cotisation maladie Ajouter 1 % sur la complémentaire si taux médian ou normal
Prélèvement à la source Appliquer votre taux personnalisé sur le net imposable chaque mois
Exemple concret Pension brute de 2 200 € donnant environ 1 894 € nets

Je m’appelle Marc, et je suis dans l’assurance depuis plus de 15 ans. Franchement, quand mes clients me demandent comment calculer le montant de leur retraite net, je vois souvent de la confusion dans leurs yeux. Entre le brut, les prélèvements sociaux, la CSG, la CRDS, le prélèvement à la source… c’est vrai que ça fait beaucoup. Mais en réalité, le montant net de ta retraite, c’est ton montant brut moins les prélèvements sociaux (CSG, CRDS, CASA) et moins le prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu. Tout est là. Maintenant, pour comprendre exactement combien tu toucheras vraiment chaque mois, il faut décortiquer ces prélèvements un par un. Je vais t’expliquer tout ça avec des exemples concrets, des tableaux clairs, et surtout avec mon expérience du terrain.

Les prélèvements sociaux qui réduisent ta pension

Avant même que l’impôt arrive, ta pension de retraite subit des prélèvements sociaux. Ces prélèvements varient selon ton revenu fiscal de référence, et c’est là que ça se complique. J’ai vu des gens penser qu’ils allaient toucher 1 800 € nets, alors qu’en réalité ils recevaient 1 650 €. La différence peut peser lourd dans le budget mensuel.

Les prélèvements sociaux, ce sont trois contributions principales : la Contribution Sociale Généralisée (CSG), la Contribution pour le Remboursement de la Dette Sociale (CRDS), et la Contribution Additionnelle de Solidarité pour l’Autonomie (CASA). La CSG finance la protection sociale, la CRDS rembourse les déficits de la Sécu, et la CASA aide les personnes âgées ou handicapées. En gros, ces cotisations permettent de faire tourner le système, mais elles diminuent ton revenu disponible.

Le taux global de prélèvement dépend de ton Revenu Fiscal de Référence (RFR) de l’avant-dernière année. En 2026, c’est ton RFR de 2024 qui compte. Si tu es célibataire avec un RFR inférieur à 13 048 €, tu es exonéré. Entre 13 048 € et 17 057 €, tu paies 4,3 % au total. Entre 17 057 € et 26 472 €, tu passes à 7,4 %. Au-delà de 26 472 €, tu es au taux normal de 9,1 %. Pour un couple, les seuils sont plus élevés : exonération jusqu’à 20 016 €, puis taux réduit jusqu’à 26 167 €, taux médian jusqu’à 40 604 €, et taux normal au-delà.

Nombre de parts Taux zéro (RFR max) Taux réduit 4,3 % (RFR max) Taux médian 7,4 % (RFR max) Taux normal 9,1 %
1 part 13 048 € 17 057 € 26 472 € Au-delà
2 parts 20 016 € 26 167 € 40 604 € Au-delà
3 parts 26 984 € 35 277 € 54 736 € Au-delà

J’ai eu un client, il y a deux ans, qui venait de partir en retraite. Il était persuadé qu’il allait être exonéré de prélèvements sociaux parce qu’il n’avait jamais beaucoup gagné. Sauf que son RFR dépassait de quelques centaines d’euros le seuil d’exonération. Résultat : il payait 4,3 % de prélèvements, soit environ 65 € en moins par mois sur une pension de 1 500 € bruts. Ça peut paraître peu, mais sur un an, ça fait 780 €. Quand tu vis avec une retraite modeste, c’est une somme qui compte.

Il existe aussi un effet de lissage pour éviter les chocs brutaux. Si tu étais au taux réduit de 3,8 % de CSG et que ton revenu augmente, tu ne passeras au taux supérieur que si ton RFR dépasse le seuil deux années consécutives. C’est une protection utile, surtout si tu as touché un revenu exceptionnel une année donnée, par exemple après la vente d’un bien. À l’inverse, si tes ressources baissent et que tu redeviens éligible au taux réduit ou à l’exonération, l’application est immédiate.

La cotisation d’assurance maladie sur les complémentaires

Maintenant, parlons de la cotisation d’assurance maladie. Sur ta pension de retraite de base, tu es exonéré. Mais sur ta pension complémentaire, c’est une autre histoire. Si tu es soumis au taux médian ou normal de la CSG, tu paies en plus 1 % de cotisation maladie. Autrement dit, si tu touches 1 950 € bruts de complémentaire et que tu es au taux normal, tu subis 10,1 % de prélèvements au total (9,1 % + 1 %). Ça fait 196,95 € en moins par mois, soit un net de 1 753,05 €.

Ce que beaucoup de gens ignorent, c’est que cette cotisation d’1 % ne s’applique pas si tu es au taux zéro ou réduit de la CSG. J’ai une amie proche qui touche une petite pension complémentaire de 800 € bruts. Elle est au taux réduit, donc elle ne paie pas ce 1 %. Elle m’a dit un jour : « Au moins, là-dessus, je suis tranquille. » Et c’est vrai, c’est une petite économie qui peut faire la différence.

En Alsace-Moselle, il y a une cotisation supplémentaire de 1,3 % sur toutes les pensions, y compris la base et la complémentaire, quel que soit le taux de CSG. C’est spécifique au régime local, et ça pousse le taux maximum à 10,4 % pour la complémentaire. Si tu vis dans le Bas-Rhin, le Haut-Rhin ou la Moselle, tu dois bien en tenir compte dans tes calculs. J’ai connu un couple de retraités à Strasbourg qui ne s’attendait pas à cette ponction supplémentaire. Ils étaient un peu surpris, mais c’est la règle.

Le prélèvement à la source et le net réellement versé

Une fois les prélèvements sociaux déduits, tu obtiens un montant net imposable. Ce montant, c’est ton brut moins la part déductible de la CSG et la cotisation d’assurance maladie. C’est sur ce net imposable que va s’appliquer le prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu. Et c’est là que beaucoup de gens se perdent.

Ton taux de prélèvement à la source est déterminé par l’administration fiscale, en fonction de ta dernière déclaration de revenus. Il peut être personnalisé, individualisé ou neutre. Si tu n’es pas imposable, ton taux sera à 0 %, donc aucun prélèvement supplémentaire. Mais si tu es imposable, ce taux peut aller de quelques pourcents à plus de 10 % selon ta situation. Par exemple, avec un taux de 5 %, sur une pension nette imposable de 1 680 €, tu auras 84 € prélevés chaque mois au titre de l’impôt. Ton net final sera donc de 1 596 €.

J’ai eu une cliente qui touchait 1 890 € bruts de retraite de base par mois. Elle était au taux normal de 9,1 % de prélèvements sociaux. Ça faisait 1 890 – 172,03 = 1 717,97 € nets de prélèvements sociaux. Ensuite, avec un taux de prélèvement à la source de 4 %, elle payait environ 68 € d’impôt. Au final, elle touchait environ 1 650 € sur son compte. Elle était un peu déçue, parce qu’elle pensait toucher au moins 1 750 €. C’est là que j’ai pris le temps de tout lui expliquer, ligne par ligne, et elle a compris.

Le prélèvement à la source, c’est aussi une façon de lisser l’impôt sur l’année. Avant, tu payais en septembre ou octobre en une seule fois, voire en plusieurs mensualités. Maintenant, c’est prélevé chaque mois, directement sur ta pension. C’est plus régulier, mais ça peut surprendre quand tu ne t’y attends pas. Mon conseil : vérifie bien ton taux de prélèvement sur ton espace impots.gouv.fr, et si tu vois qu’il est trop élevé ou trop faible, tu peux le modifier en cours d’année.

Un exemple concret pour y voir plus clair

Prenons un exemple simple. Tu es né en 1964, tu pars en retraite avec 170 trimestres, ton revenu annuel moyen est de 38 400 €. Ta pension de base brute sera de 38 400 € × 50 % = 19 200 € par an, soit 1 600 € bruts par mois. Imaginons que tu sois au taux normal de prélèvements sociaux (9,1 %). Tu paies donc 145,60 € de prélèvements, ce qui te laisse 1 454,40 € nets de prélèvements sociaux. Si tu as un taux de prélèvement à la source de 5 %, tu paies environ 72 € d’impôt. Au final, tu touches 1 382 € nets sur ton compte.

Maintenant, si tu touches aussi une pension complémentaire de 600 € bruts par mois, tu subis 10,1 % de prélèvements (9,1 % + 1 %). Soit 60,60 € de moins, ce qui te laisse 539,40 € nets de prélèvements sociaux. Avec le même taux d’impôt de 5 %, tu paies environ 27 € supplémentaires. Ta complémentaire te verse donc environ 512 € nets. Au total, tu touches 1 382 € + 512 € = 1 894 € nets par mois. C’est ça, ton pouvoir d’achat réel.

  • Pension de base brute : 1 600 €
  • Prélèvements sociaux (9,1 %) : -145,60 €
  • Prélèvement à la source (5 %) : -72 €
  • Pension de base nette : 1 382 €
  • Pension complémentaire brute : 600 €
  • Prélèvements sociaux + maladie (10,1 %) : -60,60 €
  • Prélèvement à la source (5 %) : -27 €
  • Pension complémentaire nette : 512 €
  • Total net versé : 1 894 €

Ce que j’aime bien, c’est de faire ces calculs avec mes clients devant moi. Ça les rassure, et ça leur permet de prévoir leur budget sereinement. D’ailleurs, si tu veux optimiser ton épargne avant la retraite, je te conseille de jeter un œil à combien rapporte une assurance vie après 10 ans de placement. C’est un outil que j’utilise souvent pour préparer financièrement mes clients à cette transition.

Ce qu’il faut absolument retenir

Pour calculer le montant net de ta retraite, tu dois partir du brut, soustraire les prélèvements sociaux (entre 0 % et 10,1 % selon ta situation), puis déduire le prélèvement à la source de l’impôt. Ce n’est pas de la magie, c’est juste de l’arithmétique. Mais c’est important de bien comprendre chaque ligne, parce que personne ne viendra te l’expliquer si tu ne poses pas la question.

Mon conseil : vérifie ton Revenu Fiscal de Référence chaque année, anticipe les changements de taux, et n’hésite pas à demander de l’aide à ta caisse de retraite ou à un conseiller. Moi, je suis là pour ça depuis 15 ans, et je sais que cette étape peut faire toute la différence dans ton bien-être financier à la retraite.

Cet article est à visée informative et ne remplace pas les conseils d’un professionnel certifié.

Justine

Rédacteur de blog et journaliste, je navigue entre l’instantané du reportage et la réflexion du contenu long format. J’écris avec rigueur, curiosité et passion, en croisant les codes du journalisme et ceux de la rédaction web.

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