Récapitulatif de l’article
| Points clés | Détails pratiques |
|---|---|
| Intérêts futurs non dus | Régler uniquement le capital restant dû, sans intérêts futurs |
| Droit légal au remboursement | Article L312-34 : la banque ne peut pas refuser cette demande |
| Indemnités plafonnées par la loi | Maximum 1 % du capital pour crédit conso, 3 % pour immobilier |
| Économies maximales en début de prêt | Rembourser tôt pour échapper aux intérêts et assurance emprunteur |
| Cas d’exonération des indemnités | Vente suite à mutation, décès, perte d’emploi ou cessation d’activité |
| Décompte écrit obligatoire depuis 2016 | Exiger un document gratuit détaillant tous les calculs précis |
Quand je parle à des clients de remboursement anticipé de prêt, la question qui revient systématiquement c’est : « Marc, si je rembourse maintenant, je dois quand même payer tous les intérêts prévus ? » Ma réponse est claire : non, tu ne payes pas les intérêts futurs lors d’un remboursement anticipé. Tu règles uniquement le capital restant dû, ce qui te permet d’économiser sur les intérêts et sur l’assurance emprunteur. Par contre, attention aux indemnités que certaines banques peuvent facturer.
Pourquoi tant de confusion autour du paiement des intérêts
Je dirais que 7 emprunteurs sur 10 pensent encore qu’ils devront régler tous les intérêts prévus au contrat, même en remboursant par anticipation. Cette confusion vient souvent du tableau d’amortissement, ce document qui détaille chaque mensualité avec la part d’intérêts et de capital. Quand on le consulte, on voit le total des intérêts sur toute la durée du crédit, et beaucoup imaginent que ce montant est dû quoi qu’il arrive.
Je me souviens d’une cliente, Sophie, qui avait hérité de ses parents et souhaitait solder son crédit immobilier. Elle m’a appelé, paniquée, en me disant : « J’ai encore 80 000 euros à rembourser, mais sur mon tableau il y a 15 000 euros d’intérêts restants. Je vais devoir payer 95 000 euros ? » J’ai dû lui expliquer qu’en remboursant tout de suite, elle ne paierait que le capital restant, soit 80 000 euros, plus d’éventuelles indemnités. Elle a économisé ces 15 000 euros d’intérêts futurs et environ 3 500 euros d’assurance emprunteur. Son soulagement était immense.
Ce que dit vraiment la loi sur le remboursement anticipé
L’article L312-34 du Code de la consommation est très clair : tout emprunteur peut rembourser son crédit par anticipation, que ce soit un crédit à la consommation ou un prêt immobilier. La banque ne peut pas refuser, même si le contrat ne mentionne pas cette possibilité. Tu n’as pas à te justifier ni à donner de raison particulière.
Lors d’un remboursement anticipé total, tu verses l’intégralité du capital restant dû, point final. Les intérêts qui devaient courir jusqu’au terme du prêt sont purement et simplement annulés. Pour un remboursement partiel, c’est pareil : tu ne payes que le capital que tu rembourses, sans les intérêts futurs sur cette somme.
Le piège, c’est que beaucoup de banques appliquent une indemnité de remboursement anticipé pour compenser leur manque à gagner. Cette indemnité n’est due que si elle est expressément prévue dans ton contrat, dans les conditions particulières. J’insiste toujours auprès de mes proches : lisez cette clause avant de signer, car c’est à ce moment qu’on peut négocier sa suppression ou sa limitation.
Les indemnités : ce qu’il faut vraiment savoir
Pour les crédits à la consommation, tu ne payes aucune indemnité si tu rembourses moins de 10 000 euros sur une période de 12 mois, ou si tu rembourses un crédit renouvelable, un découvert bancaire, ou un crédit à taux variable. Pour les prêts souscrits avant le 30 avril 2011, aucune indemnité ne peut être réclamée, c’est la loi.
Si tu rembourses plus de 10 000 euros sur un crédit à taux fixe souscrit après le 1er mai 2011, la banque peut te demander une indemnité. Le montant est plafonné :
- 0,5 % du capital remboursé si tu es à moins d’un an de la fin du prêt
- 1 % du capital remboursé si tu es à plus d’un an de la fin
Dans tous les cas, cette indemnité ne peut jamais dépasser le montant des intérêts que tu aurais payés entre la date de remboursement et la fin du contrat.
Pour les crédits immobiliers, les règles sont différentes. L’indemnité est limitée au plus avantageux des deux calculs suivants :
| Méthode de calcul | Formule |
|---|---|
| 6 mois d’intérêts | Capital remboursé × taux moyen annuel ÷ 2 |
| 3 % du capital restant dû | Capital restant dû avant remboursement × 3 % |
Il existe des cas d’exonération totale pour les contrats signés après le 30 juin 1999 : vente du bien suite à un changement de lieu de travail, décès de l’emprunteur ou de son conjoint, perte d’emploi ou cessation forcée d’activité. Je conseille toujours de vérifier ces clauses, car certaines banques imposent des conditions particulières pour appliquer ces exonérations.
Quand rembourser devient vraiment avantageux
Je dis toujours : plus tu rembourses tôt, plus tu économises. Au début du prêt, tes mensualités sont composées principalement d’intérêts. En remboursant dans les premières années, tu échappes à la majorité de ces frais financiers. Par contre, si tu es dans le dernier tiers de ton crédit, les intérêts restants sont faibles. Il peut alors être plus intéressant de placer ton argent sur un livret ou une assurance-vie si le rendement dépasse le coût du crédit.
J’ai accompagné un couple, Julien et Émilie, qui avaient reçu une prime d’intéressement de 25 000 euros. Leur crédit immobilier avait encore 12 ans à courir sur les 20 ans initiaux. En calculant, ils ont économisé environ 18 000 euros d’intérêts et 6 000 euros d’assurance emprunteur en remboursant par anticipation, même après déduction de l’indemnité de 1 200 euros. Leur taux d’endettement est passé de 32 % à 18 %, ce qui leur a permis d’envisager un projet d’investissement locatif.
Pour savoir si l’opération est rentable, fais ce calcul simple : additionne les intérêts et l’assurance que tu économises, puis soustrais l’indemnité de remboursement anticipé. Si le résultat est positif, tu es gagnant. N’oublie pas de comparer ce gain avec ce que tu pourrais obtenir en plaçant cette somme ailleurs.
Pour approfondir le sujet des garanties qui accompagnent souvent ces remboursements, je te recommande de consulter notre guide complet sur l’assurance emprunteur en 2026, qui détaille les évolutions récentes et les meilleures pratiques.
Les pièges que j’ai vu trop souvent
Premier piège : ne pas vérifier les frais réels avant de se lancer. Certains clients imaginent économiser 10 000 euros, mais oublient l’indemnité de remboursement anticipé et les éventuels intérêts intercalaires. Résultat : le gain réel est divisé par deux.
Deuxième piège : rembourser trop tard dans la vie du crédit. Passé les deux tiers du prêt, les intérêts deviennent marginaux. J’ai vu des gens rembourser dans les trois dernières années en payant 2 % d’indemnité alors qu’ils n’auraient économisé que 1,5 % d’intérêts. Perte sèche.
Troisième piège : ne pas demander un décompte écrit à la banque. Depuis juillet 2016, les établissements doivent te fournir gratuitement ce document avec toutes les hypothèses de calcul. Ne te contente jamais d’une estimation orale, exige un écrit avec les chiffres précis.
Enfin, attention aux restrictions contractuelles. Certains contrats interdisent les remboursements inférieurs à 10 % du capital initial, sauf si tu soldes complètement le prêt. Vérifie aussi la date de remboursement : mieux vaut la caler juste après une échéance pour éviter les intérêts intercalaires.
Ce qu’il faut vraiment retenir
Quand tu rembourses ton crédit par anticipation, tu ne payes jamais les intérêts futurs, uniquement le capital restant dû. C’est un droit garanti par la loi, et la banque ne peut pas te l’interdire. Par contre, elle peut te demander une indemnité si c’est prévu au contrat, avec des plafonds légaux stricts.
L’opération est d’autant plus rentable que tu la réalises tôt dans la vie du prêt, et que tu calcules précisément le gain net après déduction de toutes les pénalités. N’oublie pas de demander un décompte écrit à ta banque et de comparer avec ce que tu pourrais gagner en plaçant ton argent ailleurs. Si tu hésites encore, pose-toi la question : est-ce que retrouver de la capacité d’emprunt ou réduire mon endettement vaut plus que le rendement d’un placement ? Souvent, la réponse est oui.
Cet article est à visée informative et ne remplace pas les conseils d’un professionnel certifié.